
Ce codex revient sur OK Computer comme moment de bascule dans l’histoire de Radiohead. L’album ne prolonge pas seulement l’héritage du rock britannique : il l’ouvre à une constellation de références plus vaste, où se croisent les Beatles, Queen, Can, Miles Davis, DJ Shadow, Ennio Morricone, Penderecki, Portishead, mais aussi la littérature et le cinéma. Benjamin Lassauzet montre comment Radiohead ne cite pas ces influences pour les imiter, mais les absorbe, les déforme et les transforme en un langage propre. De Paranoid Android à Exit Music, OK Computer apparaît ainsi comme une œuvre de synthèse inquiète : un rock devenu perméable au jazz, au trip-hop, à la musique savante et aux imaginaires dystopiques de la fin du XXᵉ siècle.