
La musique de la nuit des temps
I.—PRÉSENTATION DE LA LECTIO
Cette lectio remonte vers les origines incertaines de la musique, là où l’archéologie ne livre encore que des traces fragiles : voix, rythmes corporels, sifflets taillés dans l’os, premières flûtes, arcs sonores, tambours et trompes. À travers ces indices dispersés, elle montre que la musique précède largement l’histoire écrite et accompagne très tôt les gestes, les rites et les croyances humaines. Avant d’être un art constitué, elle semble relever d’un rapport premier au corps, au souffle, à la chasse, au signal et au sacré. Des mythologies indiennes, chinoises, africaines ou américaines aux instruments préhistoriques, le son apparaît comme une puissance d’origine : une manière pour l’homme d’habiter le monde, d’en appeler aux dieux, et peut-être de donner forme à l’invisible.