I.—PRAECEPTOR
Michel Terestchenko
Repères
Maître de conférences émérite
Université de Reims Champagne-Ardenne
Titres
Philosophie
Docteur de l'Université Paris-IV (1994) · Philosophie
La querelle du pur amour entre Fénelon et Bossuet.
Oui
II.—ITINÉRAIRE
Michel Terestchenko est un philosophe français, maître de conférences émérite de l'Université de Reims, spécialiste de philosophie morale et politique. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, agrégé de philosophie, docteur de l'Université Paris IV et habilité à diriger des recherches, il a enseigné à l'Université de Reims-Champagne-Ardenne, à Sciences Po Paris et à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence. Sa thèse, soutenue en 1994 sous la direction de Pierre Magnard, porte sur la querelle du pur amour entre Fénelon et Bossuet. Elle engage une réflexion qui demeure présente dans son œuvre : l'amour désintéressé, le don, l'abandon, la volonté, la responsabilité et les formes de la vie morale. Son travail s'est ensuite déployé dans deux directions complémentaires. La première relève de la philosophie politique moderne : avec Enjeux de philosophie politique moderne : les violences de l'abstraction, puis ses ouvrages de synthèse sur la philosophie politique, Michel Terestchenko interroge les formes par lesquelles les constructions politiques, juridiques ou idéologiques peuvent convertir les êtres concrets en catégories abstraites. La seconde relève de la philosophie morale : elle examine les conditions dans lesquelles les individus deviennent capables du mal, de l'obéissance destructrice, mais aussi du bien, de la résistance et du refus. Un si fragile vernis d'humanité. Banalité du mal, banalité du bien, publié à La Découverte en 2005, constitue l'un des points centraux de cette œuvre. À partir de cas historiques et d'expériences de psychologie sociale, notamment autour de l'obéissance à l'autorité, il déplace l'opposition entre égoïsme et altruisme vers une autre distinction : l'« absence à soi », qui rend possible la soumission au mal, et la « présence à soi », qui soutient la résistance morale. Cette réflexion se prolonge dans Du bon usage de la torture, critique des justifications par lesquelles les démocraties peuvent chercher à légitimer l'injustifiable au nom de la sécurité. Ses ouvrages plus récents élargissent cette interrogation morale à la littérature, à Machiavel et à la perception. Ce bien qui fait mal à l'âme examine la littérature comme lieu d'expérience du bien ; Les Scrupules de Machiavel relit l'action politique à partir de la nécessité, de la décision et du scrupule ; Voir le monde autrement interroge, à partir de la cécité, les évidences de la société des voyants. L'ensemble dessine une œuvre attentive aux points où la morale cesse d'être un discours général pour devenir une épreuve : obéir ou refuser, justifier ou résister, voir ou méconnaître, agir sans se déprendre de soi.
III.—COMPENDIUM
Notice à venir.
